Le silence des lois

mots et phrases du jour

1. Conatus. "«Je pense que ce n'est pas foutu. Il n'y a pas de fatalité» à une croissance que les économistes établissent à 1,7% en 2008. Nicolas Sarkozy promet qu'il «montrera l'exemple» en «allant chercher le point de croissance» manquant." (ici favicon

2. Effet de levier. "La France est un pays extraordinaire, capable de doper sa croissance potentielle de près de 20 % pour le coût de dix hôtels particuliers dans le VIIe arrondissement." (ici favicon)

3. Spécularité. "Le chef de file des députés UMP Jean-François Copé a jugé "matériellement" impossible de mettre en place un service dédié à la diffusion des communiqués à l'AFP comme l'a proposé ce week-end la ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel." (évidemment via une dépêche AFP favicon)

Le Marchais-show: de la fulgurance médiatique au guignol

Ecouté ce matin "J'ai mes sources" sur France inter, consacré à un documentaire qui s'annonce passionnant et qui est diffusé ce soir 1er mai sur France 5: Georges le cathodique (Parts de Marchais), consacré aux rapports entre Marchais et les journalistes.

La discussion de ce matin montrait bien comment on passe imperceptiblement avec Georges Marchais d'une personnalité attachante par sa virtuosité médiatique (au delà de ce que l'on peut penser de ses idées politiques) à une caricature d'elle même, qui use ses figures de réthorique jusqu'à la corde, qui entretient avec les journalistes une relation faite tout à tour de connivence et de dénonciation outrancière.

Je ne sais pas vous, mais moi cela me rappelle quelqu'un...

vendre du nucléaire civil, ce rempart contre le terrorisme

"Le nucléaire c’est l’énergie du futur. (…) Sans énergie, vous ne connaîtrez pas la croissance. Sans croissance vous n’aurez pas de développement. Vous aurez la misère, le sous-développement, le chômage et donc le terrorisme. Parce que tout est lié (…)."

(N. Sarkozy, 29 avril 2008, forum économique Tuniso-français, extrait visionnable ici favicon).

Reprennons cet enchainement logique, implacable.

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(La boucle de rétroaction, qui fait qu'un Etat terroriste n'a pas droit au nucléaire civil, c'est moi qui l'ajoute, mais elle ne me parait pas être l'étape la plus absurde du raisonnement).

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mince, il a encore changé (ou vieilli?)

1) "Il faut toujours écouter les inquiétudes de la jeunesse. Et si on est pas inquiet quand on est jeune… alors c’est qu’on est pas jeune, parce que quand on est jeune, forcément on est inquiet." (En direct de l'Elysée, 24 avril 2008)

 

2) "Rêvez aujourd'hui, car le sens d'une vie d'adulte c'est de faire de sa vie la réalisation de ses rêves de jeunesse. Si vous ne rêvez pas aujourd'hui, vous serez des adultes à la "petite vie". Je ne veux pas que vous la connaissiez !

Vous avez de la chance d'être jeunes, non parce que le bonheur vous tend les bras, mais parce que l'avenir vous appartient.

Vous avez de la chance d'être jeunes, parce que le monde est à vous.

Vous avez de la chance d'être jeunes, parce qu'à votre âge on n'a ni regrets, ni…

D'avantages d'avantages avantagent d'avantage

Au delà de l'exemple nouveau de cacophonie gouvernementale, plusieurs éléments me paraissent devoir être soulignés s'agissant de la "remise en question" (appelons cela ainsi à ce stade, cf le point 3. de ce billet) de la carte famille nombreuse, qui permet à ses bénéficiaires de voyager à tarif réduit en train, RER et RATP.

1) On évoque la possibilité de subordonner l'obtention de cette carte à une condition de ressources. Ceci me parait tout à fait dans l'esprit brouillon de la RGPP.  La seule réforme possible c'est d'abaisser le seuil, ce qui permet de reduire la dépense publique en se drapant dans la justice sociale et sans prendre la peine de réformer les processus. Je pense en particulier à ce qui a été présenté comme la mesure phare de la 2ème vague: l'abaissement des seuils pour l'éligibilité aux logements sociaux,…

une nouvelle figure de style administratif: l'anaphore

L'anaphore, c'est cette figure de style consistant à commencer chaque phrase par les mêmes termes, dont J. Véronis favicon a montré la résurgence pendant la campagne présidentielle. J'ai écrit favicon que l'on trouve depuis longtemps des discours recourant à cette figure de réthorique. Mais son utilisation dans une circulaire du Premier ministre me semble plus novatrice... et inquiétante.

"Faire en sorte que la loi s'applique rapidement, efficacement et de façon conforme à son esprit est un impératif démocratique. Chaque disposition législative qui demeure inappliquée est une marque d'irrespect envers la représentation nationale et de négligence vis-à-vis de nos concitoyens.

"Réformer la lecture, moderniser le livre": Le rapport de trop?

1.) J'ai déjà cité favicon ce passage de "l'Etat séducteur":

"[Aux notabilités intellectuelles] sera confiée 'une mission de réflexion et de proposition' sur 'un grand problème de l'heure' (la drogue, l'enseignement, les relations culturelles, la radiotélévision, la sécurité publique, la modernisation de l'Etat, la révision de la Constitution, etc.). Il s'en suivra (...) la remise solennelle d'un rapport  un ou deux ans après. Ce dernier sera neuf fois sur dix enfoui dans un tiroir et sans effet aucun sur le problème envisagé, mais le but de l'opération était l'opération elle-même, ses vibrations dans le milieu intellectuel et ses reprises à l'extérieur, dans la presse ('l'évennement" de la désignation, celui ensuite du grand colloque et enfin de "la remise du rapport")."

 

2.) Debray fait plus fort dans la démonstration cette semaine dans le Monde favicon:

n°6

Allez favicon, six choses insignifiantes à peu près sur moi: 

1 lorsque j'avais 10 ans un ami de mon père me demanda ce que je voulais faire comme études. Je bafouillai sans doute quelque chose sur une école de cascadeurs. Mon père dit alors:" je le verrai bien faire l'ENA". Découvrant dans le Quid (c'est avant internet) ce qu'était l'ENA, je fus effondré de constater que mon père puisse me souhaiter un futur aussi morne. En fait, nous n'en avons plus parlé jusqu'à ce que je passe ce concours.

2 pour une anecdote jurigeek, mes conclusions de commissaire du gouvernement préférées sont celles de Bruno Genevois sur CE 19 juin 1981 favicon Carliez (conclusions publiées à l'AJDA 1982). Il parvient à y citer "Top à Claude François" de Marithie et Gilbert Carpentier et Luchino Visconti. 

3 j'ai souvent changé d'auteur favori, mais…

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OK, les autres le faisaient déjà, mais est-ce une raison pour continuer?

1° Petit sursaut en lisant Jean Quatremer favicon, à quelques mois de la présidence française de l'UE:

" Aujourd’hui, aucun des trois ministres français qui auraient dû assister au Conseil « justice et affaires intérieures » (JAI) n’étaient présents. Rachida Dati, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, la ministre de l’Intérieur, et Brice Hortefeux, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, s’étaient fait porter pâle. (...) Seuls l'Italie (en campagne électorale), Chypre (qui en sort), la Grèce et Malte étaient aussi représentés par leur Représentant permanent."

 2° Mais rien de bien nouveau, en 2003 déjà :

pauv' con 2.0

André Gunthert met  en avant un élement à mon avis important de la polémique "casse toi pauv' con", qui n'est pas de savoir si c'est "très bien que le président de la République s'exprime comme chaque Français" (Hortefeux) ou si "il ne faut pas se situer dans la réponse sur le même plan, sinon on s'abaisse" (Fabius), pour résumer les différentes "sensibilités" qui s'expriment.

Non, ce que A. Gunthert favicon relève, c'est

"qu'un tel écart, lorsqu'il se produit, appartient au matériel qui n'aurait jamais dû être montré.

Or, l'identité du diffuseur ne doit rien au hasard. Le site du Parisien.fr s'est doté récemment d'une interface de présentation vidéo, hébergée par Kewego. (...). Nul doute que le dérapage du chef de l'Etat, (...) constitue une belle occasion de promouvoir la plate-forme du quotidien.

Mais l'absence d'auto-censure, de la part de rédactions qu'on