C'est ce qui ressort d'une de ses déclarations dans lematin.ch de ce jour. Un élu de l'UDC s'insurge contre le squat Rhino et déclare:
"Les squatters ne peuvent s'appuyer sur la légalité, alors qu'ils ne respectent pas la loi! Je ne vois pas pourquoi il faudrait respecter la loi envers ceux qui la bafouent."
Pareille déclaration mérite aisément un bonnet d'âne. Si l'on suit ce raisonnement, il est loisible à l'agent de ville de faire enlever la voiture d'Eric Leyvraz parce qu'il aura dépassé le temps de stationnement. Poussé à l'extrême, pour bien illustrer le propos, Eric Leyvraz peut être mis à mort pour une injure.
Si l'on admet que la loi n'est là que pour protéger ceux qui la respectent, on renie pratiquement tous les droits fondamentaux. On fait aussi abstraction du fait que nul ne serait plus protégé par la loi, puisque chacun l'enfreint à un moment où l'autre de sa vie (ne serait-ce que parce qu'on a roulé à 51 km/h en ville ou parce qu'on a cassé quelque chose sans droit). Ce n'est assurément pas le but recherché et ce n'est en tout cas pas un but à rechercher.
Non. La loi protège tout le monde et garantit qu'elle sera respectée. C'est ce qui lui donne sa force et sa raison d'être. Elle n'a pas le DROIT de ne pas protéger à la fois ses destinataires et son contenu. C'est ainsi que le peuple l'a voulue et c'est ainsi qu'elle doit être. Cela s'appelle le principe de la légalité: l'Etat n'intervient que si la Loi le lui permet et dans les formes qu'elle prévoit. Je défie Eric Leyvraz d'aller soutenir un argument pareil devant un tribunal. Il risque d'y recevoir la claque dont la nécessité semble indiscutable.
Que l'UDC, si ex-centrée soit-elle, apprenne le véritable sens de la Loi si ce parti entend concourir pour la modifier.
Ira furor brevis est. Heureusement./>/>/>/>/>/>/>/>