L'économie communiste de marché

A lire, dans Le Monde daté de Vendredi, un excellent article d'Alain Supiot, Voilà l'« économie communiste de marché » (accès payant uniquement). Alain Suppiot est professeur de droit du travail. Il évoque deux arrêts récents de la cour de justice des communautés européennes, les arrêts Laval et Viking, qui viennent singulièrement restreindre le droit des organisations syndicales d'un pays A de faire grève pour obtenir le respect par des entreprises étrangères de la législation sociale applicable sur le territoire du pays A. Il s'agit d'une atteinte importante au droit de grève et, partant du rôle des syndicats dans l'économie.

Alain Suppiot décrit alors ce qu'il appelle, à l'instar de dirigeants chinois, une "économie communiste de marché", qui mixte des aspects de l'un et l'autre système :

  • on emprunte au capitalisme : la compétition de tous contre tous, le libre-échange et la maximisation des utilités individuelles ;
  • et au communisme : la « démocratie limitée » (concept venu en fait de Hayek, où la répartition du travail et des richesses seraient soustraites à la décision politique et aux aléas électoraux), l'instrumentalisation du droit, l'obsession de la quantification et la déconnection totale du sort des dirigeants et des dirigés.

Conclusion : "Une nouvelle nomenklatura, qui doit une bonne part de sa fortune soudaine à la privatisation des biens publics, use ainsi de la libéralisation des marchés pour s'exonérer du financement des systèmes de solidarité nationaux." "Leur ligne de conduite a été exprimée il y a peu avec beaucoup de franchise et de clarté par l'un d'entre eux il s'agit de Denis Kessler favicon : il faut « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ».

Camarades, la nouvelle révolution capitaliste est en marche ! Vivent les lendemains qui chantent !

(c'était un billet sponsorisé par la SoGé).