Dans le Golfe, les soldats jouent aux cartes, le patrimoine reste intact.

faviconC’est en 2003, au début de l’invasion américaine en Irak, que le Pentagone avait envoyé à ses troupes des jeux de cartes sur lesquelles étaient reproduits les portraits des cinquante-deux hommes de Saddam Hussein les plus recherchés. Des sortes de « Wanted » pour aider les soldats à mémoriser leurs visages et à les éliminer, si possible. Ce petit jeu a fonctionné puisque quarante hommes ont été capturés.
Mais aujourd’hui, la démarche est inverse dans le Golfe : il ne s’agit plus de tuer des cibles mais d’éviter de marcher dessus ! En effet, une nouvelle partie de cartes a été lancée dans la région cette fois-ci sur les sites archéologiques d’Irak favicon et d’Afghanistan favicon, estimés à un demi-million. Les cartes du ministère de la Défense ont pour but d’une part, de ne pas endommager un patrimoine architectural et historique, et d’autre part d’empêcher tout pillage sur les sites. Chaque carte montre un objet ou un site archéologique. S’en suit un conseil pour sa conservation : "Contournez les sites archéologiques, ne les traversez pas". Même si le Pentagone estime que « la protection du patrimoine culturel est vitale pour le succès de [leur] mission », Laurie Rush, archéologue de l’armée, confesse que « la sécurité des GI prime »… Cela va de soit et l'on voit déjà la scène parodiée par les Guignols de l’Info, des irakiens criant à des soldats américains : « - Ne tirez pas, vous marchez sur des masques sacrés de Mésopotamie …. – Ah oui, on a pas le droit c'est marqué sur ma carte, putain de fouilles de merde favicon... ».

On se souvient pourtant qu’en début de 2003, une équipe d’archéologues du monde entier, soutenue par des institutions internationales, avait sommé les nations américaines, britanniques, et des Nations Unies de « tout mettre en œuvre pour protéger le patrimoine de l’humanité », en respect de la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé favicon que l'Irak respecte et de la Convention de l’UNESC0 de 1970 favicon. Dessigles UNESCO peints sur le toit des musées, des drapeaux hissés signalaient aux agresseurs qu’il s’agissait d'un patrimoine culturel protégé par les lois internationales. Laissez-moi douter favicon de l'efficacité de la démarche altruiste des Etats-Unis...