Ces quelques moments d’absence sur ce blog sont justifiés par un épuisant déplacement professionnel à Londres, où j’ai eu la chance d'assister à l’une des plus grandes ventes d’art impressionniste et moderne au monde, le lundi 18 juin 2007à 18h30, chez Christie’s
, King street. Le produit de la vente a été colossal
, puisqu’il a culminé à plus de £120,000,000, soit près de 175,000,000€. Une expérience unique, une tension et une excitation exceptionnelles, dans un lieu "so british"... <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />
Différents records à retenir dans cette soirée : une œuvre de Miro, « Le Coq », adjugée 9,000,000€, qui a donné le ton grâce à la perspicacité d’un commissaire-priseur galvanisant la salle avec des « …and selling… » ce qui veut dire que le prix de réserve est atteint et que la course à l'enchère commence. Monet avec son « Waterloo bridge, temps couvert », adjugé £18,000,000(27,000,000€) et « Les arceaux de roses, Giverny, 1913 » pour 18,000,000€. Puis Picasso à son tour avec « Mousquetaire et nu assis » pour près de 10,000,000€. Autre belle performance : l’œuvre « Picking Apples », par la russe Gontcharova, vendue 7,000,000€ ce qui constitue un record mondial.
A titre de comparaison, la maison concurrente Sotheby’s
a vendu, le lendemain, une toile des la série des Nymphéas de Claude Monet, estimée entre 10 à 15 millions de livres, adjugée £18,500,000 (28,000,000€), achetée par téléphone par un collectionneur comme cela se fait souvent dans les grandes ventes. Les œuvres, toutes plus éclatantes les unes que les autres, ont connu un phénomène réel d’internationalisation des acheteurs de pays « émergents » comme la Chine, l’Inde et la Russie, en sus des clients habituels d’Amérique et d’Europe. Si Paris n'en est pas encore à ce niveau d'excellence, le marché de l'art français présente de bons indices de croissance. Les nouvelles dispositions sur le droit de suite
auront sans doute un effet sur les lieux des transactions, favorisant ainsi l'essor du marché français au détriment des places américaines et londoniennes. Mais le marché français est tellement loin derrière que l'on se demande comment il fera face à la concurrence anglo-saxonne.