15 mai, 2008 - 09:30 — via Le blog de Michel Lascombe
La journée du 14 mai 1958 n’a pas apporté d’élément important. Le Gouvernement Pflimlin s’installe. Il se réunit rapidement et le Président de la République exhorte les militaires à l’obéissance. « Le Monde » daté du 15 mai 1958 titre :
« Tandis que le comité insurrectionnel d’Alger déclare ne plus admettre qu’un ministère de salut public M. Coty ordonne à l’armée d’Algérie de ‘rester dans le devoir sous l’autorité du gouvernement de la République’ ».
C’est la journée du 15 mai qui va vers vaciller la République.
Le Général Salan, qui a obtenu la confiance du Comité de Salut public élargi à 34 membres, s’adresse, en fin de matinée, à la foule rassemblée sur le Forum à Alger et termine son allocution par un « Vive De Gaulle ».
Quant au Général De Gaulle, il fait remettre à la presse en ce même jeudi 15 mai à 17 heures la déclaration suivante :
« La dégradation de l’Etat entraîne infailliblement l’éloignement des peuples associés, le trouble de l’armée au combat, la dislocation nationale, la perte de l’indépendance. Depuis douze ans la France, aux prises avec des problèmes trop rudes pour le régime des partis est engagée dans ce processus désastreux. Naguère le pays, dans ses profondeurs, m’a fait confiance pour le conduire tout entier jusqu’à son salut. Aujourd’hui, devant les épreuves qui montent de nouveau vers lui, qu’il sache que je me tiens prêt à assumer les pouvoirs de la République ».
Cette déclaration, alors qu’il existe un gouvernement légalement investi, n’est pas anodine. Elle indique clairement au Comité d’Alger qu’il a trouvé un écho auprès de De Gaulle. Guy Mollet, qui vient d’être nommé président du Conseil le comprend et demande au Général « une affirmation de sa fidélité au régime et une condamnation des chefs militaires qui n’ont pas obéis au Président de la République ». Le Gouvernement n’a pas d’autre ressources que de faire adopter par le Parlement un projet de loi établissant l’« état d’urgence » pendant trois mois « afin de posséder tous les moyens de maintenir l’ordre en France »
« Le Monde » daté du 17 mai titre :
« Tandis que le Parlement approuve l’état d’urgence pour trois mois, M. Pierre Pflimlin à l’assemblée nationale : ‘l’insurrection a été minutieusement préparée à des fins politique’ ».
Le mot est lâché. La France est en état d’insurrection. La IV° République agonise.