Pas de vengeance politique sans préjudice économique (Nezavissimaïa gazeta)

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MOSCOU, 16 juillet - RIA Novosti. Un coup sensible a été porté aux tentatives de la Russie de persuader l'Europe et le monde entier qu'elle est un partenaire commercial fiable, apprend-on mercredi dans le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

La soudaine division par deux des livraisons de pétrole à la République tchèque par le pipeline Droujba (en français, Amitié) a coïncidé avec la signature à Prague de l'accord sur le déploiement d'éléments de la défense antimissile (ABM) américaine sur le territoire du pays. A cause de cette coïncidence, de nombreux médias y ont vu une tentative maladroite de se venger du consentement de la République tchèque à déployer sur son territoire le radar américain qui, selon Moscou, représente une menace pour sa sécurité.

La situation concernant la réduction des livraisons s'est plus ou moins éclaircie seulement au bout de quelques jours. Tatneft a reconnu l'existence d'une déficience technique. Quelques jours d'incertitude ont suffi pour que les médias européens, et pas seulement eux, diffusent leur propre version des faits, mettant en avant une tentative de Moscou de punir la République tchèque pour sa politique étrangère, plus précisément pour avoir accepté de déployer des éléments de la défense antimissile américaine sur son territoire.

D'ailleurs, on ne voit pas comment ils auraient pu se comporter autrement. Les problèmes rencontrés par Tatneft n'ont pas été publiquement évoqués, et ce, dans un contexte où certaines actions entreprises ces dernières années par la Russie à l'égard de ses partenaires commerciaux ont ressemblé de près à des tentatives d'employer des leviers économiques en vue de régler tel ou tel problème politique. Dans le cas de la République tchèque, la situation est aggravée par le fait que les livraisons ont diminué uniquement dans ce pays, tandis que le pétrole russe a continué à être régulièrement fourni à ses voisins.

Aujourd'hui, Moscou fait tout son possible pour tenter de persuader l'Europe qu'il n'est pas nécessaire de rechercher des sources d'approvisionnement et voies de transport de ressources énergétiques alternatives à celles de la Russie, et que l'accès du capital russe aux grands actifs européens ne présente aucun danger. Après l'incident avec la République tchèque, le nombre d'Européens qui doutent de la fiabilité de la Russie en tant que fournisseur de ressources énergétiques et, en général, en tant que partenaire commercial a probablement augmenté. Moscou a perdu cette bataille de l'information. Si la Russie a l'intention de protéger sa réputation commerciale, elle doit absolument éviter les défaillances à l'instar de celle de Tatneft, en particulier dans les situations où l'on peut aisément trouver des dessous politiques. En cas de déficiences, il faut les éliminer le plus vite possible et éviter de laisser se créer un vide informationnel, qui sera immédiatement interprété de façon préjudiciable pour la Russie. Sans quoi les projets d'expansion économique en Europe continueront à susciter des réactions négatives de la part de la population locale, des hommes politiques et des milieux d'affaires.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.