La pluie qui tombe à verse ce matin ne m'incite guère à aller faire mon devoir civique et à voter pour mon candidat favori (qui est, en fait, une candidate). En attendant un temps plus clément, je tombe sur un article du Monde : un centre d'appel pour aider à trouver la (bonne) voix à Bordeaux .
A lire, dans Le Monde daté de Vendredi, un excellent article d'Alain Supiot, Voilà l'« économie communiste de marché » (accès payant uniquement). Alain Suppiot est professeur de droit du travail. Il évoque deux arrêts récents de la cour de justice des communautés européennes, les arrêts Laval et Viking, qui viennent singulièrement restreindre le droit des organisations syndicales d'un pays A de faire grève pour obtenir le respect par des entreprises étrangères de la législation sociale applicable sur le territoire du pays A. Il s'agit d'une atteinte importante au droit de grève et, partant du rôle des syndicats dans l'économie.
Alain Suppiot décrit alors ce qu'il appelle, à l'instar de dirigeants chinois, une "économie communiste de marché", qui mixte des aspects de l'un et l'autre système :
Voilà quelques jours que je me sens plutôt humilié. La visite de Khadafi à Paris, pendant cinq jours, avec faste, visite de l'assemblée nationale et de Versailles.
Qu'on doive renouer des liens avec la Lybie, pourquoi pas. Après tout, si on veut encourager les Etats terroristes à ne évoluer, il faut bien donner des gages de respectabilité à ceux qui ont fait cet effort. Sans doute, le régime lybien a cessé d'organiser des attentats terroristes. Mais sa position quant au terrorisme reste très éloignée de la position occidentale. La Lybie reste une dictature dure, même comparée à ses proches voisins. Ce n'est pas parce que six personnes, cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien, ont été grâciés que la situation des droits de l'Homme en Lybie a fait un spectaculaire bond en avant.