Histoire

Surtout pas !

Le président de la République a sauvé l'honneur de la France certes, mais aussi celui de la seule conception de l'Histoire qui vaille : une invention et une révision permanentes, une incessante liberté. On ne se repent pas, on cherche et on découvre, on défriche et on consolide. On prend conscience puis on ne recommence plus. La France doit-elle s'excuser ? Surtout pas.

L'affaire Soleilland (ou le pouvoir de la presse)

Le 31 janvier, à Paris, la petite Marthe Eberlding, âgée de 11 ans, a été violée puis assassinée par un ami de ses parents, Albert Soleilland. Le corps de l'enfant est retrouvé le 8 février dans une consigne de la gare de l'est, étranglée. Huit jour après, Soleilland avouera le crime, après avoir été pourtant largement soutenu par les parents de la victime. Plusieurs dizaines de milliers personnes vont suivre les obsèques de l'enfant, le 15 février.

Cette affaire ne vous dit rien ? Normal, elle a eu lieu en 1907. Tout ce billet est tiré d'un article publié dans l'Histoire de septembre, p. 54, "1907, la France a peur ! L'affaire Soleilland", par Jean-Marc Berlière, professeur à l'université de Bourgogne.

D'ailleurs, le 23 juillet 1907, la cour d'assises de la Seine condamne Soleilland à mort. A l'époque, on savait instruire des dossiers criminels rapidement. Mais le président de la République, Armand Fallières, gracie le condamné en commuant sa peine en travaux forcés à perpétuité. Soleilland mourra au bagne, en Guyane, en 1920.